Pourquoi la femme ? Partie 2 : le choix.
C’est au cœur de cette période de chute et de reconstruction qui aura duré un peu plus de cinq années qu’est arrivé un second choix, tout aussi profond que le premier, mais tout de même moins “vital” sur un plan personnel. Le choix de l’orientation sexuelle.. (Et je le redis : ça reste très subjectif)
Deux années pleines passées à peser l’une et l’autre des orientations, à la manière d’un acteur entre successivement dans l’un et l’autre des personnages. Dieu que notre Être peut disposer comme ressources pour les travaux en profondeur ! Je sais que de chaque épreuve qu’on lui fait subir le corps se souvient et ne se prive jamais de nous les rappeler, parfois de longues et nombreuses années plus tard.. Et plus tard c’est, plus fort ça l’est.. Comme le retour du boomerang dépend du lancer initial.. Alors, comme plateforme expérimentale, j’ai choisi le cerveau, les sensations intérieures, la mise en situation réfléchie, le tout basé sur mes connaissances et mon apprentissage constant de notre monde et de l’Humain.. J’ai préféré laisser mon corps en paix pour ce travail, lui qui était déjà si mal en point.
De quoi avais-je besoin au moment de débuter l’étude de ce choix ? D’être rassuré, principalement. Rassuré sur moi, sur ce que je suis, sur ce dont je suis capable, sur mon corps aussi et sa valeur, notamment en tant qu’outil de vie. J’en avais assez de ces surprises toutes plus désagréables les unes que les autres et toujours plus nombreuses. J’avais besoin d’un environnement stable, empli de quiétude, dans lequel je ne sois pas sans cesses remis en question, dans lequel je me sente “à ma place”. Sans oublier certaines expériences plutôt douloureuses par le passé, en grande partie relationnelles, de la confiance trahie à la tromperie pure et simple, flirtant avec certaines formes d’humiliation.
Trop, c’était trop ! J’avais besoin d’être considéré à ma juste valeur, par des gens capables de me comprendre et qui ne passeraient pas leur temps à me juger et à exiger de moi un impossible toujours plus grand, toujours plus complexe, toujours plus inaccessible, toujours plus frustrant.. C’est comme ça que le choix des hommes semblait avoir une bonne longueur d’avance, car j’en suis un et, sur un plan profondément humain, qui peut mieux me ressembler, qui peut mieux me connaitre, me comprendre et m’apprécier tel que je suis et pas dépenser son temps et son énergie à me fantasmer si ce n’est un autre homme ? Et ce à tous les niveaux : du plus profond humain jusqu’aux plus petites insignifiantes choses du quotidien..
Mais une question reste en suspend : quid de l’apprentissage à proprement parler, de mon besoin d’apprendre, encore et toujours ? N’apprend-on pas de la Différence ? Nous avons toujours tout à apprendre de tout et de tout le monde, sans même de limite, qu’elle doit d’âge ou de provenance.. Aurais-je accès aux mêmes possibilités d’apprentissage avec un homme que je pourrais l’avoir avec une femme ?
J’ai toujours plutôt aimé les femmes, sans trop bien savoir pourquoi et sans jamais vraiment les comprendre. Je dois dire que je ne m’étais jamais vraiment penché vers l’Humain, j’allais vers Lui de manière plutôt intuitive et parfois superficielle, mais toujours avec un fond de retenue, de crainte.. D’où nombre de relations étranges, parfois chaotiques..
Qu’y a-t-il de plus différent d’un homme sinon une femme ? À la manière de deux planètes d’un même système, ce qui fait la surface, les “écorces terrestres” et qui sont l’éducation, le milieu social, la culture, les traditions, la religion, le vécu et bien d’autres choses le plus souvent acquises, constitue autant de variétés que de points communs entre les personnes, alors que l’intérieur profond de nos Êtres, qu’on peut comparer aux cœurs des planètes, sont, eux, très différents entre hommes et femmes. À peu près tout nous sépare dans nos fondamentaux : nos perceptions, notre raisonnement, notre mental, notre physique et toutes les stratégies que chacun nous élaborons pour réagir à chaque problème que la Vie ne manque jamais de nous proposer..
Pourtant, ces différences profondes nous amènent à un résultat identique : nous sommes chacun capable de subvenir – et seuls ! – à nos propres besoins qui, eux, sont bien les mêmes et se résument en un seul mot : vivre ! Donc : manger, se vêtir, se loger, travailler, se tenir propre et toutes ces sortes de choses. Et si nous sommes capable de ça, de ce qui est tout de même le plus difficile à réaliser même si ça peut nous paraitre “bêtement basique”, pourquoi ne serions nous pas capable d’autre chose ?
De tout ce qui peut paraitre si déstabilisant, si dérangeant, si perturbant, n’y a-t-il pas de quoi construire et ainsi “grandir” ? Est-ce si impossible d’avancer l’un vers l’autre, d’aller simplement vers cet Autre dont on ne sais finalement pas grand chose et qui, de ce fait, nous effraie si facilement ? Est-il possible de dépasser le fantasme qu’on a de l’Autre et d’aller vers plus de réalité ?
(à suivre : partie 3, la confirmation)
(partie précédente : partie 1, la chute)
Tags : amour, apprentissage, bilan, expérimentation, femme, hétérosexualité, homme, homosexualité, interrogation, orientation, psychologie, réflexion, sexe